Creuser le noir corporate et en faire sortir une lumière, une vérité blafarde sur tous ces suckers.

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Thibault de Montaigu - Les Anges brûlent (Fayard)

"Avant d'avoir le bouquin, j'étais méfiante, très méfiante. Le coup est tellement classique. Le fiston Gallimard pond son oeuf, Sorin fonce dessus, c'est déjà signe que la cocote peut rapporter, ne serait-ce que par un soutien médiatique de bon aloi. Soutien générationnel et soutien de classe (fallait voir le Zeller chanter ses louanges chez PPDA, ah ça la solidarité des fils de bonne famille ça vous rabat le caquet du lumpen prolétariat et de ses luttes intestines...). Les critiques littéraires qui ont pignon sur rue, c'est quand même simple à scanner : les djeunz, avec comme cheftons les pions et clones beigbederiens, et les vieux grigous. Les djeunz à brushing c ok c bath c in. Ils sont dans le renvoi d'ascenseur à croire qu'ils bossent chez Otis, pis ils ont besoins d'amis chics, donc hop, du tout cuit. Pis comme ils lisent pas, c'est encore plus simple. Pas de problème de conscience, ils rencontrent un mec bien coiffé, le mec est sympa, sa chemise propre, donc le livre est génial. En plus ça fait un toto de plus qui hululera qu'ils sont géniaux, on ressort la phrase de Ionesco "Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux". Bienvenue dans la Communauté Qui Est. Bref. Les pépés c'est moins bath, mais c'est fou ce que ça publie chez Gallimard les pépés. Et c'est encore plus dingue ce qu'ils crèvent d'envie d'y finir. La grande époque de la NRF, tout ça, respect hein. Mais bon, je m'égare. Le livre, donc. "Les anges brûlent". Ca fait un peu Nathalie Rheims, déjà. Bon bah le livre c'est simple. Auteuil-Neuilly-Passy c'est pas du gâteau pis derrière mon costume Prada j'ai un petit coeur qui saigne non mais des fois. C'est Lolita Pile avec des testicules, c'est Nicolas Rey avec dix ans de moins et un meilleur CV. Et vas-y que j'ai trop lu Brett Easton Ellis, et vas-y que je te sors des putain de platitudes sur les affres souffreteux de la jeunesse dorée, et vas-y que je te fais des blagues à deux balles, et vas-y que je suis trop subversif en criant devant maman que la société de consommation c'est drôlement mal. Bref c'est insipide et poseur. Heureusement que de temps en temps y a des Camille de Toledo. Ca déchire peut-être pas, mais ça laisse espérer que tous les natifs du XVIe n'ont pas été lobotomisés à la naissance." Mlle Iwakura