"Une matière sans contour, un contenu sans forme, une forme capricieuse et impersonnelle qui ne dit rien, ne révèle rien et se contente d'annoncer, par son refus de rien dire, qu'elle vient de la nuit et qu'elle retourne à la nuit, l'opacité est leur réponse, le frolement des ailes qui se referment est leur parole." Maurice Blanchot via F.P. Meny

PLUS HYPE QUE LA HYPE ET ILS T'EMMERDENT.
Il y aura toujours un boulot destructif, négatif, à accomplir. Casser. Détruire. Plus de hype, plus d'artistes, de designers, plus de DJ's, plus de selectors, plus de concept-stores, plus de magazines, plus de radios, plus de TV's, plus de pét4$$, plus de dandy-mongolz, plus d'Art, plus de galeries, plus de FNAC, de DRAC, de FRAC, plus de politiques, plus de bobos, plus de nonos, plus de crevures, plus de crevards, plus de pub, plus d'anti-pub, plus d'écrivains, plus de blogs, plus de cinéma, plus de porno, plus de logos, plus de no-logo, plus même à la fin de casseurs2couilles, ni d'Internet, assez de toutes ces conneries. Plus rien... NADA.

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3.6.04

"L'homme fait dans la métropole l'épreuve de sa condition négative, purement. La finitude, la solitude et l'exposition, qui sont les trois coordonnées fondamentales de cette condition, tissent le décor de l'existence de chacun au sein de la grande ville. Non pas le décor fixe, mais le décor mouvant, le décor combinatoire de la grande ville, pour quoi tout le monde endure la puanteur glacée de ses non-lieux.

Le branché métropolitain forme ici, dans son intensité non moins que dans l'extension numérique de ses légions, un type assez remarquable du Bloom : sa fraction impérialiste. Le branché est le Bloom qui se propose au monde comme forme de vie tenable, et pour cela se contraint à une stricte discipline de mensonge. Consommateur final de l'existence, frappé d'une incrédulité définitive à l'égard des hommes non moins que du langage, le branché vit dans l'horizon d'une intérminable expérimentation sur soi-même. Il a circonscrit le volume de son être et décidé de n'en jamais sortir, si ce n'est pour assurer la promotion de sa stérilité. Ainsi, il a remplacé le vide de l'expérience par l'expérience du vide, en attendant l'aventure pour laquelle il se tient toujours prêt mais qui ne vient jamais : tous les scénarios possibles ont déjà été écrits. D'extase en déception, la foule solitaire des branchés toujours-déjà disparus, toujours déjà oubliés, poursuit sa dérive comme un radeau de suicidaires, perdue dans un océan dépressioniste d'images et d'abstractions. Elle n'a rien à transmettre, rien que les formules convenues de jouissances manquées et une vie sans objet dans un néant meublé.

La métropole apparaît en outre comme la patrie d'élection de la rivalité mimétique, la célébration désolée mais continuelle du "fétichisme de la petite différence". ON y joue à l'année la tragi-comédie de la séparation : plus les hommes sont isolés, plus ils se ressemblent, plus ils se ressemblent, plus ils se détestent, plus ils se détestent plus ils s'isolent. Et là où les hommes ne peuvent plus se reconnaître les uns les autres comme participant à l'édification d'un monde commun, c'est une réaction en chaîne, une fission collective que tout vient encore catalyser." Tiqqun.

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