Creuser le noir corporate et en faire sortir une lumière, une vérité blafarde sur tous ces suckers.

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Là, à l’instant, on vient de me forwarder une interview d’Ariel Wizman par Frédéric
Viniale. Petite précision : Frédéric Viniale existe encore. Cela dit, si vous n’en aviez jamais
entendu parler, n’ayez aucune inquiétude personne ne vous en voudra. Moi-même j’ai
longtemps vécu sans avoir eu vent de son insignifiante existence. Donc. Que nous apprend
la dite interview ? Que le sieur Wizman est décidément très, très, très vexé. Il en a gros
sur la patate, le pauvre.

Imaginez. D’illustres inconnus émergeant ça et là des profondeurs du web critiquent

vertement sa participation à la dernière campagne de désinformation des lobbyistes de
l’industrie du disque. Mais Wizmuche, lui, il y est pour rien, il l’a pas fait exprès. Ou pire,
p’têt même qu’on l’a drogué, manipulé, fait chanter, p’têt qu’on lui a fait une offre qu’il ne
pouvait pas refuser. Pauvre pantin médiatique qu’on instrumentalise à volonté.
On l’amène – bien malgré lui, innocente petite victime ! – à s’exprimer publiquement sur un
sujet auquel il ne capte rien, et sur lequel il n’a de toute façon pas le moindre minuscule
début d’opinion. Il a fait tout ça « comme un blaireau sollicité pour un oui ou pour un non ».

Problème : ça se voit. Et ça se voit tellement qu’on ne parle plus que de ça. Même dans les
journaux. Tout ça n’a plus grand chose à voir avec le plan de com virale « à destination des
internautes-jeunes-et-branchés » que nos lobbyistes du disque avaient ingénieusement
concocté dans leur laboratoire ultra avant-gardiste. Et ouais, c’était pas programmé dans
les slides. En semaine 4, le planning prévoyait une conjonction miraculeuse entre l’effet
« Magic Wizman » et la campagne print dans le métro. Tsss… Les lois du buzz sont
impénétrables.

Et voilà notre marionnette inoffensive qui n’en finit plus de s’enliser, de gesticuler, d’agiter
les bras en pleurnichant. Il est à côté de la plaque, s’enfonce autant qu’il peut, s’imagine au
centre d’un complot, victime d’un odieux règlement de compte « à la parisienne ». La
communauté des crevards s’acharnerait contre le dandy flamboyant et humaniste qu’il
croit incarner. C’est pas juste. Evidemment en même temps il s’en fout, il est au-dessus
de tout ça. « Même pas mal », la bave du crapeau n’atteint pas la blanche colombe,
na-na-nèreuuu. Lui, l’esthète curieux et désinvolte, l’esprit libre, ouvert au monde,
détenteur du gai savoir, pétri de sagesse et de générosité, gardien du Verbe sacré, digne

successeur de Levinas (arrêtez de ricaner j’ai pas fini ma phrase), Lui, l’objet ultime de
tous nos fantasmes, ne mérite pas d’être mis en cause par des wannabe frustrés de
la hype parisienne, des nerds aigris venus conquérir leur micro-célébrité sur le web, des
crevards incultes, des dégénérés probablement tous solitaires, puceaux, laids, barbus,
binoclards et sapés comme des merdes.

Bref. J’appuie sur pause deux secondes. Je ne sais pas comment Wizman appréhende la
réalité pour en arriver à une vision aussi caricaturale et stéréotypée de son environnement,
en brassant des clichés aussi incroyablement grotesques. Très franchement, c’est dans ces

moments là que ce mec me fait hurler de rire. Mais passons. Après tout, il existe peut-être
sur cette planète quelques wannabe suffisamment médiocres pour jalouser un clown du PAF
et rêver de devenir un jour une « icône branchée ». Le seul truc vraiment intéressant dans
tout ça, c’est que Wizman tombe dans le panneau et réagisse aussi maladroitement, avec
une telle susceptibilité. Pendant ce temps, ceux qui espéraient utiliser ce levier pour booster
un peu le débat du peer2peer sont morts de rire. Ils n’en demandaient pas tant. Les états
d’âme de Wizman, ils s’en cognent vigoureusement, mais putain, saboter une campagne de
propagande aussi facilement, en la laissant se retourner contre elle, juste pour une banale
question d’ego… quel bonheur. Next !