Creuser le noir corporate et en faire sortir une lumière, une vérité blafarde sur tous ces suckers.

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Les clowns tristes adorant s’interviewer entre eux, c’est l’anonyme « touche-à-tout » sur-vulgaire
et sous-lettré Pignale qui tend maintenant le micro vers Ariel « redevenons petits ! » Wizman.
Ce dernier se plaint d’une débauche verbeuse sur les blogs, et regrette qu’on s’éloigne des idées
pour se vautrer dans la médisance. Pourtant, Wizman ne se prononce pas sur le téléchargement
gratuit, (il n’est « ni pour ni contre » - juste, il dépanne le ministre), il revient sur sa personne
sa vie son oeuvre. Pas d’idée donc sur le download, pas d’idée sur la politique commerciale ou
artistique des maisons de disques, pas d’idée sur la licence légale proposée par l’ADAMI, pas d’idée
mais une amusante crispation nerveuse haute en couleurs – « diable, ne m’aimerait-on pas, par ici ?
A ce déficit d’Image doit bien exister une raison : c’est donc que ces bloggers sont aigris et frustrés,
ternes et envieux puisqu’ils ne voudraient en fait rien tant qu’être à ma place ».

Les voyages et les spotlights remplacent avantageusement toute forme d’intégrité, c’est bien connu.
Seulement il faut lui rappeler que non, personne dans le coin en tous cas n’envie sa place, personne
ne souhaite ardemment courir les soirées corporate pour faire fructifier son image, personne ne veut
pousser de fades galettes d’ « écoute-facile » dans des soirées branchouilles avec Pedro Ouïntère, ni
esquisser de pâles sourires sur canal + ou servir la soupe à des gnomes du PAF avec Stéphane Bern,
ni prêter sa voix ou une quelconque extension de sa personne à Messieurs Devédjian ou Nègre.
La notoriété fait pas bander tout le monde, Wizman ne fait pas trop envie, l’ingestion répétée de
couleuvres risquant en outre de rendre l’organisme infect.

Que Wizman arrête de « s’inquiéter de la conscience politique des blogueurs », celle-ci est
probablement plus solide que le vernis culturel auquel il a parfois prétendu et qu’il écaille avec
nonchalance en enregistrant des comptines moralisatrices pour le SNEP. Une culture politique qui en
empêcherait certains de collaborer à la propagande souriante et hypocrite des entités morales qui
régentent les rapports entre « public » et « kulture ». Une culture politique qui empêche de se dire
« ni pour ni contre » les stratégies juridico-techniques des groupes industriels, qui ne fait pas évoquer
« la société du spectacle » comme un prétexte à la pose dandy, mais éventuellement – bourré - comme
un constat de base à partir duquel observer des ingérences biopolitiques réelles, une culture politique
qui se défie de l'exposition médiatique et de sa corrélative instrumentalisation par un ministère. Alors je
suis d’accord, y a des choses plus importantes que l'ego d'un animateur, le téléchargement gratuit ou
même les emplois d’Universal, mais le leurre de Wizman est plus drôle à écouter.

Selon lui « pour le reste, il faut gagner sa vie et fermer sa gueule autant que possible. ».
Si on voit les choses comme ça, mais alors, « pourquoi continuer à vous exposer ? »